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Valérie Frölich, SR volante

 

« La semaine dernière, j'étais à SVM Mac. La semaine prochaine, je serai à L'Auto-journal. » Secrétaire de rédaction pigiste depuis trois ans, Valérie Frölich ne s'ennuie jamais et passe du golf à la déco, du people à la Formule 1 et de l'informatique aux animaux. Avec, quand même, une petite spécialisation dans l'automobile.

 

« J'ai passé cinq ans à Tout-terrain Magazine en tant que secrétaire de rédaction unique. Quand on parle de cylindrée, d'ABS ou de stop & start, je sais de quoi il s'agit. La voiture, c'est mon plus. » Lorsque le magazine est vendu, Valérie profite de sa clause de cession pour se lancer dans la pige. « A l'époque, les CDI ne couraient pas les rues. J'ai envoyé des CV un peu partout et j'ai fait ma première pige chez Auto verte quinze jours après. Ensuite, les contrats se sont enchaînés. » A chaque passage dans un groupe de presse, Valérie tente d'élargir ses débouchés : lorsqu'elle entre chez 30 millions d'amis, elle propose ses services à deux autres titres du groupe, Equus et Equestrio. En contrat chez Mondadori, elle se fait connaître et multiplie les collaborations : Golf Magazine, Closer, Modes & travaux, Sport auto… « Tous les six mois, j'envoie un CV aux titres pour lesquels j'aimerais travailler. Mais c'est nettement plus efficace de pouvoir passer la tête dans un bureau, même deux minutes ! »

Sans préjugés, Valérie trouve de l'intérêt à tous les supports : « Même dans des domaines a priori rébarbatifs, comme l'informatique ou l'industrie, il y a des sujets intéressants. Je trouve toujours quelque chose à apprendre. » Son enthousiasme est apprécié : elle ne manque jamais de travail. « Financièrement, je m'en sors plutôt bien. Je demande à être rémunérée sur la base de 2500 euros mensuels. Au bout du compte, je gagne juste un peu moins d'argent que lorsque j'étais en CDI. Je n'ai pas la tranquillité que procure un salaire fixe qui tombe à la fin du mois… mais j'ai l'esprit beaucoup plus libre ! »

 

Valérie apprécie sa situation de pigiste pour l'indépendance et l'insouciance qu'elle lui donne : « Jje ne subis pas la routine du quotidien, mes chefs et mes collègues ne sont que temporaires, ce qui réduit les risques de frictions, et mes missions sont trop brèves pour que je ressente le poids des problèmes du titre. » Ce tempérament bouillant avoue avoir mis de l'eau dans son vin. « Il faut faire l'effort de s'adapter, accepter des compromis, savoir ce qu'on peut accepter, ce qu'on peut en retirer et ce qu'il faut refuser. Récemment, on m'a demandé d'assurer le secrétariat de rédaction et la recherche iconographique sur un hors-série. J'ai dit non poliment mais fermement : icono, c'est un métier mais pas le mien.» Malgré ses multiples collaborations, Valérie est très consciente que son employeur, c'est avant tout elle-même.

 

Thierry Butzbach, 2010