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Philippe Pajot : le pigiste-président

Depuis 2007, c’est un pigiste qui est président de l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI). Une première pour la vénérable association, qui a fêté ses 50 ans en 2005 et rassemble 250 adhérents. Son but : défendre l’information scientifique, en favorisant l’accès aux sources d’information et la collaboration entre chercheurs et journalistes. Cette élection est représentative de l’évolution de la profession de journaliste, au moment où les pigistes, plus nombreux, sont aussi  plus visibles et prennent de plus en plus de responsabilités. De supplétifs des journaux, ils sont devenus collaborateurs indispensables. Et la pige devient de plus en plus souvent un choix et non un statut par défaut.

Au départ, rien ne destinait Philippe Pajot à être journaliste. La tête dans les étoiles plus que dans le papier journal, il passe une thèse d’astronomie en 1994. Mais le goût de « raconter la science » est plus fort que l’envie de faire avancer les connaissances sur le cosmos, et le jeune docteur répond à une annonce du mensuel Pour la Science. Pendant huit ans, il y apprend le métier « sur le tas ». Mais le magazine Ciel et Espace, à la recherche d’un rédacteur en chef, le débauche. L’expérience tourne court. Ce père de quatre enfants se retrouve sans poste, et découvre la pige.

Il garde sa spécialité scientifique, mais multiplie les collaboration, du  très sérieux La Recherche au magazine grand public Ca m’intéresse, en passant par la presse jeunesse avec Science et Vie Junior. « Être pigiste m’a permis de découvrir de nouveaux médias : les quotidiens, et bientôt j’espère l’audiovisuel, pour lequel j’ai effectué récemment une formation. Mon travail est plus varié que lorsque j’étais en poste, non par la nature des sujets, mais par la façon de les traiter. Et par la manière de travailler : écrire pour Le Monde, c’est recevoir un appel un matin, et rendre une page entière le soir même. »

La présidence de AJSPI, pour laquelle Philippe a été élu sans surprise (il était seul candidat) est la suite logique de son implication au bureau de l’association depuis six ans. Il y organisait de plus en plus d’activités, jusqu’à un voyage en Chine de 13 jours en 2005, au cours duquel douze journalistes de l’AJSPI ont découvert des sujets aussi variés que les fossiles chinois, un centre de recherche de L’Oréal pour cheveu asiatique, le barrage des Trois Gorges ou le suivi de l’urbanisation par Beijing Spot Image. « J’aime organiser, peut-être est-ce indispensable quand on est père de famille nombreuse ».

Cécile Michaut

 

www.ajspi.com