Votre réseau

Profession Pigiste sur Linked-In  

Proposez une pige

Vous recherchez un journaliste pigiste pour effectuer un ou des reportages, devenir correspondant sectoriel ou régional. Soumettez votre offre d'emploi ou de pige.

Adhérez

Rejoignez le réseau des journalistes pigistes. Pour avoir accès à des fonctions privées du site web, recevoir les offres d'emploi et de piges, être en contact avec les autres membres. Accédez au formulaire d'adhésion.

Evènements

Info-Piges

Newsletter gratuite

Syndiquer le contenu

Droits des pigistes, un combat permanent

Plus que jamais, les pigistes ont des raisons d'être en colère : combien d'entre nous passent un temps précieux à expliquer et réexpliquer le code du Travail et la convention collective à des employeurs durs d'oreille ? Combien d'entre nous, à force de répéter la loi et le droit, sont devenus incollables sur les congés payés, le 13e mois, la formation continue, la possibilité de bénéficier des prestations d'un comité d'entreprise, les conditions à remplir pour élire les délégués du personnel des entreprises pour lesquelles nous travaillons, la prime d'ancienneté ou encore le droit d'auteur ? Sans pour autant obtenir gain de cause, d'ailleurs ! Monter au front, encore et toujours, constater les mêmes manquements, répéter les mêmes arguments, ça use. Et pourtant, ce n'est pas le moment de faiblir car la situation des journalistes pigistes est plus que jamais précaire.

Ainsi, la signature de l'accord général "pigistes" par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, à la fin de l'année dernière, risque de légaliser des pratiques contraires au droit du travail et à la convention collective : intégration des congés payés, du 13e mois et de la prime d'ancienneté dans les tarifs de piges, contournement de l'obligation de salaire en cas de maladie, quasi-impossibilité de participer aux élections des délégués du personnel, du comité d'entreprise et du comité hygiène et sécurité, que ce soit en tant qu'électeur ou candidat… Si cet accord s'applique, les employeurs seront en mesure de repousser leurs pigistes aussi loin que possible de l'entreprise. D'en faire des fournisseurs ou des prestataires, en quelque sorte, au même titre que la société de nettoyage ou l'imprimerie.

Le gouvernement ne nous aide pas : voilà des années que les syndicats et les pigistes demandent un véritable barême de piges, qui n'existent actuellement que pour la presse quotidienne nationale et les hebdomadaires d'opinion. Ni les agences, ni la presse quotidienne régionale, ni la presse magazine, ni la presse spécialisée n'en ont adopté. L'un des amendements de la loi Hadopi, rejetée récemment par l'Assemblée, devait prévoir à l'origine prévoir l'obligation de négocier des barêmes de piges, or il ne concerne finalement que les photographes, laissant sur le carreau les journalistes pigistes qui représentent plus de 15% des détenteurs de carte de presse. Si la loi a été rejetée, elle doit être rediscutée à partir du 29 avril et tout laisse penser qu'elle sera, cette fois-ci, adoptée. Mais de barêmes pour les pigistes il ne sera point question.

Or face à cette tempête, les journalistes pigistes ont montré qu'ils étaient capables de se fédérer et de se mobiliser. C'est ainsi que nous avons, in extremis, réussi à nous faire entendre aux Etats généraux de la presse qui avaient totalement oublié l'importance des pigistes dans la profession. Les patrons de presse étaient ainsi largement invité à participer, contrairement aux journalistes et aux pigistes. Mais combien de magazines peuvent fonctionner sans leurs pigistes ? Les pigistes ont également vigoureusement réagi à la signature par de l'accord général pigistes en lançant notamment Pigistes en colère et le blog http://www.invisiblesdesmedias.info.

Enfin, nombre d'entre nous ont interpellé les députés de leur région à propos des barêmes de piges disparus de la loi Hadopi.

Plus que jamais, les pigistes ont des raisons de se serrer les coudes, de s'organiser, d'interpeller les pouvoirs publics, les groupes de presse, le syndicats et leurs collègues en poste.

Thierry Butzbach, 2010