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Portage ou auto-entrepreneuriat : du pour et du contre

 Bonjour à tous,  

Je me permets d'abonder dans le sens de Pablo... ce qui n'étonnera pas Tarzoc 
 Pour moi, il n'y a pas de réponse a priori à partir d'un seul montant de facture.

Certes en terme mathématique l'AE est plus intéressant, mais tout dépend du contexte global des revenus de la personne. Si on est AE à 100 % (hors journalisme) pourquoi pas (même si le seuil de chiffre d'affaires est tres vite atteint si l'on veut vraiment gagner sa vie); si on est journaliste pigiste  très majoritairement + AE un petit peu pourquoi pas si l'on gagne bien sa vie en salaire. Par contre être fifty fifty : journaliste pigiste à 50% + AE à 50 % : attention aux risques cachés.

Voici une ebauche de reflexion... à poursuivre. Plusieurs cas :

- Vous gagnez au moins 2000 euros par mois en salaire : vous avez 100 % intérêt d'adopter l'auto-entrepreneur pour vos activités d'appoint. Ne pas le faire serait en effet totalement incohérent. Vous gagnez sur les deux tableaux : toute la protection sociale d'un salarié et des revenus d'appoint avec un minimum de cotisations. 

- Vous gagnez autour de 1000 à 1500 euros par mois en moyenne en salaire et à coté vous gagnez 1000 euros par mois en moyenne en auto-entrepreneur, ou pire si vous avez 800 euros en salaire, 400 en droits d'auteur, 500 en AE. Là ça se complique car mamlheureusement les "pépins" ça n'arrive pas qu'aux autres et c'est en cas de pépin que ça pose probleme. QUand on est jeune, beau/belle, en pleine santé, de préférence sans enfant, tout va bien... oui mais... 

Vous perdez une collaboration et souhaitez ouvrir des droits aux allocations chomage : vous risquez d'être en dessous des seuils d'affiliation exigées et de n'avoir droit à rien.Vous êtes en maladie courte ou longue : il n'y a PAS d'indemnités journalières pour les auto-entrepreneurs (sauf artisans et commerçants) : donc euros de ce coté et vous risquez d'etre en dessous des seuils d'affiliation pour bénéficier des indemnités journalières de la sécurité sociale.

Vous avez un accident du travail : idemVous êtes en invalidité : pareilVous (mesdames) attendez un enfant : vous risquez d'etre en dessous des seuils pour bénéficier du congé maternité.Et pour les messieurs du congé paternité.

Vous avez besoin de faire financer une formation : idemRetraite : si du cote des trimestres ça ne pose pas trop de problèmes, concernant le montant (les 25 meilleurs années) sur lesquelles sont calculées la pension de retraite, la CNAV ne compte pas les revenus non salariés.

Il faut ensuite aller demander un complément à la cipav : oui mais ce ne sera pas une pension à taux plein, donc (à vérifier) mais très certainement des clopinettes.Autre point : vous attendez le paiement d'une facture de 4000 euros et la boite fait faillite. Le salarié est prioritaire pour percevoir les salaires (cotisations ags), l'auto-entrepreneur non : la perte peut être totale, à moins de sois meme payer les services d'un recouvrement de dettes.Assurance : vous réalisez un texte de communication. Une erreur se glisse dans les documents. Votre responsabilité est en cause. Vous etes vous meme attaque en justice.

Pour un salarié, c'est l'employeur.Si vos revenus en auto-entrepreneur (hors journalisme) dépasse vos revenus en auto-entrepreneur : vous ne pourrez plus avoir la carte de presseJe pense que j'oublie encore quelques points... ça va me revenir ... il faut encore regarder du cote des impots et aussi de l'obtention de prets (comment reagisse les banquiers) et aussi de la CAF (comment ça se passe pour les demandes d'allocations si l'on est multi-statut). Ma vision, c'est que le portage a un cout mais qui se justifie si l'on n'a pas de revenus salariés suffisants pour entrer dans les cases.

Quand on est au-dessus des seuils, ça roule. Il serait intéressant de synthétiser sous forme de fiches ces seuils : quand est-ce que l'on est en dessous et donc hors protection du salarié bien que l'on est cotisé : oui mais pas assez pour avoir les prestations ! 

Ok pour un apéro pigiste sur le sujet début juillet à Lyon :  document et cas concret à l'appui.

Bonne semaine à tous... 

Portrait de Pablo

 

Ciao ,Tarzoc

Ta démonstration aborde tous les aspects de protection sociale et les risques de défaillance. Bravo pour cette exhaustivité. 

Mais je ne suis pas convaincu. Je vais éviter le texte fleuve, en ne prenant que trois exemples.

1 - le cas de la boîte qui n'honore pas les 4 000 euros. J'ai questionné une société de portage salarial à ce sujet : elle laisse d'abord le porté faire lui-même la relance paiement. Puis elle déclenche ensuite, au besoin, une action juridique dont les coûts sont répercutés sur le porté. Pas cool.

S'agissant de la bouée AGS, qui serait lancée au pigiste en portage salarial, je ne vois pas comment il pourrait s'en prévaloir dans ce cas, puisqu'il s'agit d'une prestation de service que la boîte de portage n'a pas recouvrée. Pour qu'il y ait versement d'AGS, il faudrait que ce soit la boîte de portage qui soit défaillante (en admettant qu'elle ait la qualité d'employeur, que lui refuse toujours Pôle emploi), non le client.

C'est pourquoi la boîte de portage demande systématiquement au porté de bien faire attention au gugusse pour lequel il travaille (s'assurer que la boîte a pignon sur rue, qu'elle est solvable, indiquer sur la facture le nom et la fonction de l'interlocuteur qui commande la presta, faire préciser "paiement à réception de facture" pour les petits travaux, pour être sûr d'être payé rapidement...). Un AE peut très bien réaliser ce travail préventif lui-même.

2 - Le cas, ballo, de l'accident de travail du pigiste auto-entrepreneur. Derrière un ordinateur, depuis chez soi, les risques sont tout de même limités... Mais admettons. Trois possibilités : le pigiste auto-entrepreneur se tourne vers les caisses sociales auxquelles il cotise. Ou bien il se tourne vers Audiens (la mutuelle est facultative, mais la prévoyance est obligatoire) s'il a des employeurs organes de presse. Troisième cas de figure : il n'a pas d'employeur. Pas grave : il a souscrit une complémentaire frais de santé et un contrat de prévoyance, à titre professionnel. Impossible de l'ignorer. Toutes les compagnies, les banques et les mutuelles arrosent le marché des AE avec leurs offres.

3 - Même solution concernant la bourde commise par l'AE, que le client attaque en justice. Une police de responsabilité civile professionnelle, ça coûte 15 euros par mois pour un job comme le nôtre.

 

Conclusion : moins que le statut, c'est l'attitude qu'on a vis-à-vis de sa situation professionnelle qui compte. Un salarié peut se faire bananer, un porté aussi, un AE aussi. Je maintiens qu'il est préférable de faire l'économie d'un intermédiaire, qui se paie deux fois (effets de trésorerie + frais de gestion) et qui trompe le porté sur le fait d'avoir droit au chômage. Car le réseau t'apporte la solution. Gratuitement.

Bon, j'ai été très bavard. La suite quand on se verra !