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Yves Barros, dessinateur et journaliste

Yves Barros

Yves Barros n’écrit pas, il croque. Dessinateur et journaliste à la fois, il esquisse en quelques traits l’actualité. Alors que le rédacteur doit être objectif, neutre et détaillé, l’illustrateur
a droit au raccourci et à l’insolence, mais la presse laisse peu de place à cette forme graphique du journalisme.

Yves se rappelle avoir toujours dessiné mais, contrairement aux autres enfants, il ne s’est pas arrêté et a choisi d’en faire son métier. Il rêvait de devenir un Sempé ou un Topor. Autodidacte, comme la plupart de ses autres modèles, Fred et Bosc, Yves commence sa carrière dansla presse en 1986, à 17 ans, en animant les pages de Sud-Ouest Dimanche de ses dessins d’humour. Face à la montée du Front national, son travail devient plus engagé. Cette prise de conscience politique pourra s’exprimer en 1992 dans La Grosse Berta, hebdomadaire satirique dont l’équipe relancera Charlie-Hebdo la même année. Yves illustre aujourd’hui l’actualité pour le mensuel Psikopat, qu’il estime plus engagé et moins bobo que Fluide glacial. L’état du monde l'inspire. Il se décrit comme un "grand énervé". A l'entendre, on le croit. Sa voix est basse, précipitée, il avale parfois les mots et entrecoupe ses phrases de rires sans joie. Il s’énerve contre le propriétaire du reluisant 4x4 climatisé qui roule exclusivement sur le bitume des villes, contre les responsables des marées noires, contre les extrémismes religieux, contre le ministre de l’Intérieur et mille choses encore. Yves note en vrac ce qui se passe dans l’actualité et se retrouve vite submergé par les papiers. Il trace des croquis au kilomètre. Vient ensuite le moment du tri. Les mauvais dessins ou qui ne sont plus à la Une disparaissent avant que l’auteur finalise les épreuves conservées. Son style aigu et nerveux rappelle celui de Pessin. La comparaison flatte notre dessinateur : « Lorsqu’il illustre un sujet, tout est dit. » Yves admire également Pétillon, présent dans Le Canard enchaîné et créateur du héros de bande dessinée Jack Palmer. Il est moins tendre avec Plantu, qu’il trouve trop consensuel. Pour lui, un bon dessin doit être subtil et sans méchanceté. Dans les années 1990, il croyait encore à une carrière dans la presse. Las des courriers sans réponses, des interlocuteurs non décisionnaires, de la difficulté de joindre les bons responsables dans les rédactions et surtout des refus injustifiés, Yves, qui s’admet

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