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Les joies de la colocation

Après deux années passées à squatter le salon puis une des trois chambres de l’appartement familial, comme tout bon pigiste qui se respecte, me voici depuis quelques mois dans un vrai bureau. « T’es devenu journaliste intégré dans une vraie rédaction, toi ? » Pas du tout, j’ai juste trouvé trois confrères qui en avaient ras la casquette (eux aussi !) de contempler leur PC trônant fièrement dans la salle à manger ou d’être réveillés à cinq heures du mat’ par des fax annonçant l’agenda du préfet, et ont décidé de se lancer dans la colocation d’un bureau de journalistes pigistes.

Et cela donne trois garçons et une fille dans un 60 m2 en plein centre de Toulouse, sans rédac chef gueulard ni collègues aigris et désabusés qui tournent autour de la machine à café. Pour l’organisation du bureau proprement dite, tout un chacun s’y retrouvera un peu. Les dossiers liés à l’actu plus ou moins chaude ont une place privilégiée sur le bureau, entre le pot à crayons, la photo des enfants et le modem pour recevoir les fax... du préfet ! Une fois par semaine et quand je passe plus de quinze minutes à trouver un communiqué de presse dans mes dossiers, je m’accorde une session de rangement.

Le seul hic réside dans l’archivage des journaux : comme j’ai tendance à garder et à ne pas prendre le temps d’archiver et classer, j’entasse sur le plancher et la pile commence à vaciller dangereusement. Heureusement que je dispose de davantage de place – je vous ai épargné les rangées de boîtes à archives dans le couloir – et que ma femme n’est pas là pour contempler le spectacle.

Philippe Font

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