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Fédération internationale des journalistes

Téléchargez ci-dessous une "étude mondiale sur le travail atypique dans l’industrie des médias" publiée en 2006 par la Fédération internationale des journalistes (avec le soutien du Bureau International du Travail et de la Commission européenne).

Ce qu'ils entendent par :

  • Emploi ambigu : Lorsqu’il existe un doute quant à l’existence d’une véritable relation d’emploi, et/ou quant à la difficulté de déterminer qui est l’employeur.
  • Relations de travail atypiques : Terminologie utilisée couramment pour décrire les types d’emploi qui ne sont pas permanents et/ou à temps plein. Elle comprend mais la liste n’est pas limitative : le travail free-lance, le travail d’indépendant, les contrats à court terme renouvelables indéfiniment, le travail de sous-traitance, le travail précaire, le travail temporaire.
  • Free-lance : Une sous-catégorie du travail atypique : un free-lance est un travailleur indépendant qui vend ses services et/ou son travail à un éventail d’employeurs sans avoir d’engagement à long terme avec aucun d’entre eux.

Ce rapport révèle notamment

La nature de la relation de l’emploi a porté atteinte à la qualité du contenu rédactionnel

  1. 75,6% des réponses estiment que l’impact négatif a été fort ou plus ou moins fort. Les principales problématiques mises en lumière dans les réponses sont : La concentration des médias et les pressions gouvernementales induisent un traitement mielleux de l’information ; Les médias sont domestiqués par les publicitaires et les gouvernements ; La baisse des salaires érode l’éthique journalistique.
  2. L’insécurité de l’emploi favorise la timidité journalistique : Dans les pays où de nombreux journalistes sont employés dans le cadre de contrats à durée déterminée renouvelables indéfiniment, les réponses ne dissimulent pas que les journalistes sont soumis à des pressions pour que leurs articles soient moins acerbes, plus commerciaux et laissent entendre que les chances de renouvellement de leur contrat pourraient être en danger.
  3. Les changements dans l’emploi entraînent un déclin du journalisme critique et d’investigation Plusieurs organisations dénoncent le recul du journalisme critique et d’investigation, les journalistes n’étant pas suffisamment rémunérés pour mener à bien d’intenses recherches et/ou suite aux pressions de temps qui sont exercées sur ceux qui ne jouissent pas de la sécurité de l’emploi.

Comment les travailleurs atypiques sont rémunérés ?

  1. Fréquemment payés en fonction du temps consacré à leur travail, au mot ou à l’article, bien que dans chaque pays, il peut y avoir une conjugaison des méthodes de rémunération utilisées. La grande majorité des free-lance (70,7%, 29 réponses) disent être rémunérés à l’article. Ceux qui sont employés dans le cadre de CDD renouvelables indéfiniment ont tendance à être payés à l’article (36,6%, 15 organisations) ou sur base du temps consacré au travail (46,3%, 19 organisations). Les résultats sont à peu près les mêmes pour les travailleurs engagés en sous-traitance : 51,2% (21 réponses) disent être rémunérés à l’article et 41,5% (17 réponses) disent être rétribués sur base du temps consacré au travail.
  2. Le taux de rémunération est majoritairement fixé par l’employeur. Sur les 41 réponses, 27 (65,9%) affirment que c’est l’employeur qui fixe le taux. Aucune réponse ne prétend que celui-ci est déterminé par le journaliste. Ils est inquiétant d’observer que seuls 26,8% (11 réponses) des syndicats, qui ont répondu, font état d’un taux de rémunération fixé dans le cadre d’une négociation. 
  3. La grande majorité des organisations (73,2%, 30 d’entre elles) affirment que la rémunération d’un journaliste atypique est moindre que celle d’un journaliste qui jouit d’un statut normal.
  4. La responsabilité de la santé et sécurité professionnelle est souvent portée par les journalistes eux-mêmes (58,5%, 24 organisations).

Les travailleurs atypiques et les organisations membres de la FIJ

 

  1. Une minorité importante des organisations membres de la FIJ n’acceptent pas l’affiliation de travailleurs atypiques. Six organisations refusent l’adhésion des free-lance, huit n’acceptent pas dans leurs rangs les CDD renouvelables, dix les travailleurs en sous- traitance, onze les travailleurs précaires et dix les travailleurs temporaires. Trois de ces organisations n’acceptent aucune forme de travailleurs atypiques (dont les free-lance) ; une organisation n’accepte l’adhésion de travailleurs atypiques que s’ils avaient un emploi à plein temps au moment de leur demande d’affiliation ; une autre organisation ne les accepte que s’ils sont dûment enregistrés auprès du ministère compétent ; et enfin, une organisation ne les accepte que si au moins 50% de leurs rémunérations sont de nature journalistique. Un certain nombre d’organisations syndicales (neuf) rejette certaines catégories de travailleurs atypiques mais pas les free-lance : par exemple, les contrats à court terme, les sous-traitants, les travailleurs temporaires ou précaires. Deux organisations rejettent les free-lance mais acceptent d’autres formes de travailleurs journalistiques atypiques. Seule une organisation refuse d’affilier les free-lance.
  2. 12 organisations n’offrent aucun service aux travailleurs atypiques ou ne répondent pas à la question. Les raisons avancées sont le manque de ressources syndicales, le nombre peu élevé de journalistes indépendants et la nécessité de donner la priorité aux travailleurs des lieux de travail organisés.Le panorama n’est pourtant pas tout à fait terne. Sur les 41 organisations qui ont répondu, 46,3% (19) ont organisé une campagne destinée aux free-lance et aux autres travailleurs atypiques.
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FIJ-Etude sur les journalistes freelance en Europe.pdf246 Ko