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Evènements

48h de la Pige : Débats avec les rédac-chefs

Animateur : Thierry Btuzbach

Intervenants :
- Eric Maitrot (Nordway) Lille
- Myriam Weil Be, Groupe Lagardère
- Jacques Trentesaux, l’Express, rédacteur adjoint pour les éditions régionales à l’Express
- Jean-Bernard Gervais (Décision Santé), presse professionnelle médicales, très spécialisée
- Danièle Laufer (groupe Prisma)
- Richard Bellet (Journal du Dimanche)
Auditoire : environ 60 personnes

Quelle est la première qualité des pigistes ?
Un écueil à éviter absolument : promettre sans tenir, ne pas connaître la ligne éditoriale du journal.
Jacques Trentesaux, l’Express : « Il est nécessaire pour moi de comprendre intimement le titre pour lequel vous piger, son style, comprendre le titre de l’intérieur, pour surprendre le rec-chef et ne pas seulement mettre en avant votre bonne volonté, donc faire cet effort c’est fondamental, j’exige la rigueur avant le style, bien écrire n’est pas suffisant, la qualité de l’enquête est déterminante, un pigiste ne sait pas bien écrire s’il sait écrire pour la PQR et non pas pour l’Express, mais la rigueur est essentiel.

Nous avons des cases, les éditions régionales sont des enquêtes lourdes, de 8 pages, qui bétonnent leur info, donc de la rigueur, 120 euros le feuillet, parce qu’ils doivent être irréprochables, si la qualité est bonne on peut même moduler le tarif à la hausse.

J’attends aptitude, précision, être à l’écoute des rec-chefs, parfois le résultat ne correspond pas à la commande, de moins en moins, je rencontre des journalistes qui sont force de proposition. Donc on peut rewriter, les articles des pigistes, mais s’ils ont des infos, c’est important, pour le reportage, beaucoup de papiers n’ont pas de couleur, pas de son, pas de vie, donc il faut toutes ces infos.

Danièle Laufer (groupe Prisma) : l’angle est essentiel, parfois les papiers ne sont forcément très nouveaux, mais la mise en scène dans les magazines féminins est essentielle.

Jean-Bernard Gervais (Décision Santé) : pour nous c’est difficile de recevoir un papier mal écrit, nous n’avons pas en interne les ressources pour réécrire.

Les tarifs

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) : dans la presse féminine, nous payons bien, autour de 100 euros, voire 120 euros pour la recherche de témoignages pour lesquels nous exigeons des critères très précis, donc on paie plutôt bien.

Jean-Bernard Gervais (Décision Santé) : 60 – 65 euros le feuillet, mais on compense par le nombre de feuillets plus important. Certains sont des experts, des pigistes très spécialisés et on les fait bien travailler. Ces tarifs sont brut congés payés et 13ème mois, et  nous avons intégrés l’ancienneté.

Eric Maitrot (Nordway,Lille ): nous avons commencé par nous renseigner sur les pratiques en région, nous payons 70 euros sur des volumes plus importants,

Jacques Trentesaux, l’Express : le budget piges n’évolue pas, mais les besoins évoluent, mais ce ne sont pas les pigistes qui bouchent les trous, ce sont les stagiaires qui bouchent les trous, et non pas les pigistes. On retrouve les pigistes sur les sujets spécialisés et ceux que les confrères ne souhaitent pas faire : auto, pages conso, les régions, et tout ce qui est autour de l’Express : les suppléments, ils n’écrivent pas pour le navire amiral : l’Express, donc on décline la marque avec mille supports jusqu’au livre, donc on les confie aux pigistes, ex : s’installer au Canada, avec une pigiste, « Commencer sa vie à 50 ans », etc. donc nous utilisons pour des sujets très intéressants, donc il faut réfléchir autour des titres, et des sujets phares. Nous ne faisons peu appel aux agences, nous publions 300 suppléments par an, dont 50 par agence.

Certains journalistes sont forfaitisés, mais ne seront jamais titularisés.
Certains pigistes ne savent pas où aller, s’ils veulent continuer ou pas, et en fonction de la réponse à cette question vous avez une approche différente, cycle court, cycle long, il faut que vous soyez clair : expert ou généraliste,

Nous sommes plombés par la routine, les pesanteurs du titre, donc soyez orignaux, donc quelqu’un qui m’apporte une idée nouvelle, il faut croire à la force de l’idée si elle est bonne elle peut faire la différence.

Exemple de XXI : dans l’édito du numéro de décembre 2010 de XXI, Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry remarquent que parmi les propositions de sujets qu’ils reçoivent il n’y a «  rien ou presque sur la politique, la finance ou les grandes entreprises, …, en revanche les propositions affluent sur le bureau du rédacteur en chef de XXI dès qu’il est question de social, avec une obsession pour l’exclusion, les marges, les minorités, voire les minorités des minorités, et une focalisation sur les discriminations et la banlieue. (…) Au-delà des frontières, la curiosité se porte sur l’Afrique francophone, les Etats-Unis, l’Europe de l’Est, le Moyen-Orient et l’Amérique Latine. En revanche, c’est le néant ou presque sur l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Europe du Nord est largement terra incognita , les propositions sont rares sur l’Inde ou la Chine, les autres pays émergents sont en dessous du radar ».

Question d’un participant : quand on propose un sujet, on demande de plus en plus d’avoir fait beaucoup de boulot avant. Dans ces conditions, comment peut-on faire ?

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) : oui c’est vrai qu’on a une idée de plus en plus précise du sujet, que la rec-chef sait ce qu’elle veut lire, tout en voulant encore être surpris. Il faut s’adapter à chaque journal, non ! C’est à chaque interlocuteur qu’il faut s’adapter.

Question d’un participant : comment peut-on bien comprendre ce que vous attendez ?

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) : je pense qu’il faut demander un brief écrit de l’article. Une fois que l’article est accepté, envoyé un mail qui résume ce que l’on a demandé pour préciser l’échange.

Jean-Bernard Gervais (Décision Santé) : nos budgets piges ont été revus à la baisse et les pigistes sont mises en concurrence avec des experts (médecin, …).

Comment un pigiste peut avoir connaissance des suppléments plusieurs mois à l’avance à l’Express ?

Jacques Trentesaux, l’Express : c’est compliqué c’est sur, mais nous avons toujours besoin d’idées pour les éditions régionales. Ex : quel avenir pour la VPC. J’ai eu cette demande : comment on peut faire pour participer aux éditions régionales ? J’ai répondu à ce mail, ce pigiste a eu de la chance, car nous somme inondés de mails et je ne réponds pas souvent. Ensuite il m’a envoyé deux propositions de sujets, intéressantes, mais pour des raisons de ligne éditoriale et d’actualité je n’ai pas pu lui prendre. En résumé, c’est difficile de décrocher une pige pour les suppléments région de l’Express, mais c’est faisable.

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) : je paie des chroniqueurs une fortune pour leur nom seulement. Je prends un exemple que j’ai vécu non pas à Be, mais dans la presse féminine. Je payais un pigiste qui possédait un « nom » 5 000 € l’interview pour juste enregistrer l’interview qui était ensuite dérusher par une stagiaire. Donc, c’est vrai, ces tarifs sont obscènes, mais le nom de ce chroniqueur fera vendre le journal. Donc on fidélise par un ton, des infos, etc.. mais aussi par une plume et ces pigistes là on les garde.

Eric Maitrot (Nordway,Lille ):  Nous sommes dans un système de crise économique et de baisse des piges en général, exemple : dans une publication, la direction a embauché  un nouveau contrôleur général, et pour réduire le budget photo des suppléments, celui-ci a signé un contrat avec REA, et il a divisé par deux le budget photo en région. Nous rédac chefs nous n’avons pas souvent les manettes, et on arrive de temps en temps à arrondir les angles, mais c’est tout.

Commentaire d’un participant : il y a un vrai problème de management, on ne me répond pas vraiment avec les mails, je fais des propositions que je retrouve dans le journal  un mois après, comment gérez-vous tout cela ?

Danièle Laufer (groupe Prisma) : chez Prisma, les rec-chefs adjoints en réfèrent au rec-chef, puis au directeur de la publication etc. Ils sont pris dans une chaîne de décision et leur latitude est réduite. J’ai été pigiste pendant 12 ans et je commence à comprendre combien les structures sont pesantes.

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) : je conseille d’aller dans la rédaction pour voir comment votre rec-chef travaille : il enchaîne les  réunions, etc., il doit accomplir une succession de tâches dans la journée, très nombreuses, c’est un problème chronique de sous-capacité des rédactions, et c’est un vrai problème. Il ne faut pas avoir peur d’être insistante, car les gens sont vraiment noyés sous les tâches à faire.

Question d’un participant : comment réagissez-vous avec un journaliste dont vous savez qu’il fait de la communication ?

Jean-Bernard Gervais (Décision Santé) : je n’y vois aucun inconvénient de mon côté, le journal fait pareil, et nous avons des numéros évènementiels qui piochent dans notre effectif  de pigistes.

Question d’un participant : Est-utile pour les pigistes d’être visibles sur Viadeo ?

Jacques Trentesaux, l’Express : moi je regarde pour vérifier avec qui j’ai affaire, mais Viadeo ne permet pas de décrocher les articles.

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) : je googlise toujours mes interlocuteurs.

Question d’un participant : accordez-vous de l’intérêt à une proposition d’article émanant d’un collectif de pigistes ?

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) :  je pense que c’est une bonne idée, car c’est un métier solitaire exercé à la pige, mais pour nous, c’est pareil, s’il est rattaché ou non à un collectif. Moi je connais deux pigistes qui fonctionnaient en duo, je ne sais pas forcément si c’est l’une ou l’autre qui signe.

Question d’un participant : travaillez-vous avec les agences de contenus éditorial

Myriam Weil Be, (Groupe Lagardère) : je ne travaille pas avec les agences

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Portrait de Anonyme
Par contre, ce serait pas mal de vous faire relire, parce que les fautes du type "la rigueur est essentiel" qui abondent dans votre compte-rendu, donnent une super mauvaise image des pigistes...
 
Portrait de Anonyme
Par contre, ce serait pas mal de vous faire relire, parce que les fautes du type "la rigueur est essentiel" qui abondent dans votre compte-rendu, donnent une super mauvaise image des pigistes...
 
Portrait de Anonyme
Merci pour ce compte rendu :).
 

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